
Siri AI tourne sur Gemini. C’est ce qu’on entend partout depuis la WWDC. C’est faux, ou du moins, c’est beaucoup plus compliqué que ça.
Apple a publié un article sur son blog Machine Learning Research qui détaille exactement ce qui se passe sous le capot. Voilà la version compréhensible pour tout le monde.
D’abord, un peu de contexte
Depuis 2024 et la première version d’Apple Intelligence, Apple développe ses propres modèles d’IA, les Apple Foundation Models, ou AFM. Ce ne sont pas des modèles OpenAI, pas des modèles Google, pas des modèles Meta. Ce sont les modèles d’Apple, entraînés par Apple, qui restent exclusifs à Apple.
Ce qu’Apple a annoncé à la WWDC 2026, c’est la troisième génération de ces modèles, et pour la première fois, Google a participé à leur développement. Le partenariat entre les deux entreprises avait été annoncé discrètement le 12 janvier 2026.
Le rôle exact de Google, ni plus ni moins
Gemini ne tourne pas sur ton iPhone. Google n’a pas accès à tes données. Apple ne fait pas juste tourner Gemini en marque blanche.
Ce qui s’est passé, c’est plus subtil. En intelligence artificielle, il existe une technique appelée la distillation, un grand modèle très puissant (le « professeur ») aide un modèle plus petit à s’améliorer en lui fournissant des exemples de haute qualité pendant son entraînement. Apple a utilisé Gemini comme professeur pour affiner ses propres modèles.
En clair : Gemini a contribué à l’éducation des modèles Apple. Mais ce qui tourne sur tes appareils, ce sont bien les modèles Apple, pas Gemini.
Les 5 modèles, un pour chaque situation
Les modèles locaux, sur ton iPhone ou ton Mac
AFM 3 Core : Le modèle du quotidien. 3 milliards de paramètres. Résumés de notifications, suggestions dans Messages, Writing Tools basiques. Tourne sur tous les appareils compatibles Apple Intelligence depuis l’iPhone 15 Pro.
AFM 3 Core Advanced : La vraie nouveauté. 20 milliards de paramètres. Architecture sparse : n’active que 1 à 4 milliards de paramètres à la fois selon la requête. Multimodal natif, voix expressives, dictée haute précision, fonctions avancées. Réservé aux appareils les plus récents.

Les modèles cloud, sur les serveurs d’Apple (Private Cloud Compute)
AFM 3 Cloud : Le cheval de trait côté serveurs. Optimisé vitesse et efficacité. Prend le relais quand une requête dépasse les capacités locales.
ADM 3 Cloud (Image) : Dédié aux images. Fait tourner Image Playground, les outils de retouche photo par IA, et la génération de Genmoji.
AFM 3 Cloud Pro : Le plus puissant des cinq. Raisonnement complexe, actions en plusieurs étapes, cas d’usage agentiques. Tourne sur des GPU NVIDIA hébergés dans Google Cloud, avec les garanties de confidentialité du Private Cloud Compute.
Pourquoi cinq modèles et pas un seul ?
Parce qu’un seul grand modèle pour tout faire, c’est lent, coûteux, et inutilement puissant pour 90 % des requêtes.
Quand tu demandes à Siri de mettre un rappel, AFM 3 Core suffit amplement. Quand tu lui demandes de comparer trois documents et d’en faire une synthèse, AFM 3 Cloud Pro prend le relais. Apple orchestre automatiquement quel modèle utiliser. Tu ne choisis rien.
Ce que ça change pour toi concrètement
La grande nouveauté c’est AFM 3 Core Advanced, 20 milliards de paramètres en local. Il rend possibles les voix Siri nettement plus naturelles et la dictée améliorée. Mais il est réservé aux appareils les plus puissants : iPhone 17 Pro, iPhone 17 Pro Max et iPhone Air côté iPhone (les seuls avec 12 Go de RAM), et les Mac et iPad équipés de puce M3 ou M4. Les appareils avec 8 Go de RAM, dont les iPhone 15 et 16, et les Mac M1/M2, ne peuvent pas faire tourner ce modèle. AFM 3 Core (3 milliards de paramètres) prend le relais sur ces appareils.
Le point sur la confidentialité
Si AFM 3 Cloud Pro tourne sur des serveurs Google, est-ce que Google voit mes données ?
La réponse d’Apple : non. Le Private Cloud Compute s’étend aux GPU NVIDIA dans Google Cloud avec les mêmes garanties. Les requêtes sont traitées de façon isolée, rien n’est stocké, et même Apple ne peut pas techniquement accéder aux données traitées.
En résumé
Apple n’a pas abandonné son IA au profit de Google. Elle a utilisé Google comme accélérateur pour construire des modèles qui lui appartiennent et qu’elle contrôle entièrement. Cinq modèles, deux en local, trois dans le cloud sécurisé. Chacun a son rôle, chacun est optimisé pour ses tâches.
Sauf en Europe. Mais ça, tu le sais déjà.
Sources
- Apple Machine Learning Research (source officielle)
- 9to5Mac
- MacStories
- oFox AI (analyse développeur)
- Let’s Data Science
- Memeburn
- MacGeneration
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