Oui. Siri est à la ramasse. C’est dit, c’est acté, on ne va pas faire semblant.

ChatGPT répond à des questions complexes en temps réel. Gemini s’intègre partout dans l’écosystème Google. Et Siri, lui, galère encore à envoyer un message à la bonne personne sans te demander de confirmer trois fois. Le constat est brutal. Les comparatifs sont accablants. Les moqueries sur les réseaux, méritées.

Mais voilà ce que tout le monde semble oublier dans cette panique généralisée : Apple est toujours en retard.

Apple arrive en dernier. Et ensuite ?

L’iPod n’était pas le premier lecteur MP3. D’autres existaient avant.

L’iPhone n’était pas le premier smartphone, Nokia, BlackBerry et Palm avaient déjà squatté le marché.

L’App Store ? Microsoft avait des stores bien avant.

L’Apple Watch ? Les montres connectées existaient depuis des années.

À chaque fois, la presse tech écrivait les mêmes articles. « Apple est à la traîne. » « Apple a raté le virage. » « Apple ne comprend pas ce marché. »

À chaque fois, Apple est arrivée en dernier et a pris la première place.

Parier contre Apple sur un marché qu’elle décide d’adresser sérieusement, c’est historiquement un mauvais pari. Parier contre Apple, c’est un sport risqué.

Le retard n’est pas un accident

Il y a une chose qu’Apple ne fera jamais : sortir un produit bancal pour cocher une case.

Pendant qu’OpenAI poussait ChatGPT en mode bêta permanent et que Google se brûlait les doigts avec Bard, Apple construisait silencieusement. Le traitement on-device. L’intégration native dans l’OS. La confidentialité comme fondation, pas comme argument marketing.

Ce n’est pas du retard. C’est un choix d’architecture. Apple parie que dans trois ans, les utilisateurs ne voudront plus que leurs conversations avec leur assistant partent dans le cloud d’une entreprise américaine ou chinoise. Elle parie sur un modèle où l’IA vit dans ton appareil, comprend ton contexte, et ne revend pas tes données.

C’est peut-être un mauvais pari. Mais c’est un pari délibéré.

Et toi, tu fais quoi avec ton IA ?

Soyons honnêtes deux secondes : tout le monde n’est pas un power user de l’IA. La plupart des gens n’ouvrent pas ChatGPT pour résoudre des problèmes complexes au quotidien.

Dans ton usage quotidien, tu demandes quoi à ton assistant ?

La météo. L’heure. Lancer une musique. Régler une alarme. Envoyer un message rapide. Peut-être une recherche basique.

L’écart entre Siri et ChatGPT sur ces usages-là ? Quasiment nul. La différence se joue sur les cas complexes, les requêtes multi-étapes, la compréhension de contexte profond, la génération de contenu. Des choses réelles, importantes, mais que la majorité des utilisateurs iPhone n’exploitent pas encore au quotidien.

Ce qui ne veut pas dire qu’Apple peut se permettre d’attendre indéfiniment. La fenêtre se ferme.

Verdict

Siri est en retard. C’est un fait, pas une opinion.

Mais Apple a un historique de rattrapage spectaculaire, une architecture privée qui pourrait s’avérer être la bonne stratégie à long terme, et des ressources que 99% des acteurs de l’IA ne possèderont jamais.

S’inquiéter pour Apple en 2025 sur l’IA, c’est comme s’être inquiété pour Apple sur la musique numérique en 2000. Ça pouvait se défendre. Mais la suite, on la connaît.

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