On a tous déjà eu du mal à faire une belle photo de la Lune avec notre smartphone. Les astronautes d’Artemis II, eux, vont la photographier de tout près — avec le même téléphone que le nôtre.

Pour la première fois de son histoire, la NASA a autorisé chaque membre d’équipage à emporter un iPhone 17 Pro Max pour capturer la mission. Quatre astronautes, quatre iPhone argentés, direction la Lune. Et on a déjà pu apercevoir l’un d’eux flotter en apesanteur dans la capsule Orion — passant des mains de Jeremy Hansen, survolant Reid Wiseman et Victor Glover, avant d’être rattrapé par Christina Koch.

Un processus de certification redoutable

Faire entrer un smartphone dans un vaisseau spatial, ce n’est pas comme passer la sécurité à l’aéroport. Le processus comporte quatre phases, explique Tobias Niederwieser, professeur de recherche chez BioServe Space Technologies. Il faut d’abord présenter le matériel à un panel de sécurité, puis identifier tous les dangers potentiels.

Et le principal souci ? Le verre. Sur Terre, des éclats de verre tombent au sol et on est protégé par nos chaussures. En apesanteur, ces fragments flotteraient dans l’air et pourraient atteindre le visage d’un astronaute ou se coincer dans des équipements critiques. On comprend mieux pourquoi la NASA prend son temps.

D’ailleurs, pour donner une idée de la prudence légendaire de l’agence : l’appareil photo le plus récent prévu pour Artemis II était un Nikon de 2016, accompagné de GoPro vieilles de dix ans. Autant dire que l’arrivée d’un smartphone sorti quelques mois plus tôt est une petite révolution.

Que peuvent faire ces iPhone dans l’espace ?

Photographier et filmer — point final. La NASA a confirmé que les appareils ne peuvent ni se connecter à Internet ni utiliser le Bluetooth, pour éviter toute interférence avec les systèmes de communication d’Orion.

Mais même bridés, les résultats sont déjà prometteurs. Les astronautes ont utilisé le zoom optique 8x pour photographier l’étage supérieur de la fusée et ont filmé les manœuvres de la capsule en 4K Dolby Vision.

Pour éviter que les téléphones ne se baladent librement dans la cabine, la NASA a opté pour du Velcro afin de les fixer aux parois, et au moins un iPhone a été glissé dans la poche de jambe d’une combinaison de vol avant le décollage.

Apple joue la carte de la discrétion

Fait intéressant : Apple affirme n’avoir eu aucune implication dans le processus d’approbation de la NASA. Pas de partenariat officiel, pas de placement de produit. Mais l’entreprise reconnaît que c’est la première fois qu’un iPhone est entièrement qualifié pour une utilisation prolongée en orbite et au-delà.

La coïncidence du calendrier est savoureuse : cette mission tombe pile pendant le 50e anniversaire d’Apple. Difficile de rêver meilleur « Shot on iPhone ».

Ce que ça change pour la suite

Au-delà de l’anecdote, cette décision marque un vrai tournant. L’administrateur de la NASA, Jared Isaacman, y voit un défi aux processus établis et une façon de qualifier du matériel moderne pour le vol spatial de manière accélérée. Si la NASA envisage des missions lunaires régulières, voire des voyages interplanétaires, intégrer de l’électronique grand public fiable devient une nécessité pratique — et économique.

La prochaine fois que vous pesterez contre la qualité de vos photos nocturnes, rappelez-vous : le même appareil est en train de photographier la surface lunaire à 400 000 kilomètres de la Terre.

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